Historique et Leitmotiv

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Un intérêt fort pour la peinture.

Une révélation technique un jour d’été dans le Marais Poitevin…

2003 – « Nouvelle Zélande », 65×50

Fasciné dans l’adolescence par la peinture à l’huile découverte grâce à Yvette Foucher, une artiste niortaise, j’ai souhaité me lancer, au départ timidement, dans l’aquarelle et dans la gouache.

 

En 2001, lors d’un festival de peinture organisé à Magné (79) dans le Marais Poitevin, cette même artiste m’a ouvert les yeux sur ma technique. Ce déclic m’a permis de progresser rapidement. Mon univers est peu à peu apparu, aux prises avec une réflexion sur l’autre et l’ailleurs. 

Mes amis Jean-Marie Parrat (Membre du clergé et restaurateur de fresques et tableaux à ses heures) et Thomas Bonis (Auteur/Dessinateur aux éditions Bamboo) pratiquant les arts séquentiels et picturaux m’ont par ailleurs permis d’échanger sur plusieurs problématiques plastiques.

Dans ma production de l’année 2003, j’ai perfectionné la peinture de paysage en acrylique. Cette technique a pour principal attrait son pouvoir de séchage très rapide, puisqu’une dizaine de minutes suffisent pour une mince pellicule de peinture. Ceci m’a permis de comprendre comment profiter au mieux de ce média. Le sentiment d’immédiateté m’a donné la possibilité d’explorer différents effets. Cette même année j’ai découvert la peinture romantique de l’école anglaise et allemande marquant une étape majeure dans ma perception de la sphère du paysage.

L’année 2004 a constitué ensuite un tournant important dans ma façon de peindre et ce pour plusieurs raisons.

D’une part j’ai bénéficié de l’apport de la technique à l’huile. Celle-ci m’a offert une nouvelle fluidité, plus d’éclat dans mes teintes, et une nouvelle luminosité. D’autre part j’ai puisé de nouvelles ressources dans la thématique du paysage romantique par une étude approfondie de cet univers artistique, spirituel et intellectuel.

Si Caspar David Friedrich opposait « l’oeil de l’esprit » à « l’oeil physique » de son ami Goethe, c’était notamment pour créer une vision divine de la nature et dans la nature ; la lune dans ses couchers de soleil étant pour exemple dans ses nombreux tableaux, le symbole du Christ vainqueur (la lune) sur la mort (le soleil couchant).

Dans cette optique, le paysage, la nature constituaient plus que tout une manifestation de Dieu ; mais surtout la nature représentait Sa force, Son immensité, Sa complexité et par là-même, une puissance invulnérable qui dominait l’Homme. La peinture de paysage prît alors valeur de peinture de dévotion. Mais au début du 19ème siècle, l’Homme n’aurait jamais imaginé que l’environnement était avant tout un équilibre qu’il ne fallait pas briser, sous peine de le fragiliser. C’est une réalité qui régit nos vie aujourd’hui mais qui ne pouvait entrer en compte dans la vision du monde et de la nature à cette époque. La bataille pour le progrès technique accéléré dans le siècle de Goethe, avec ses industries lourdes et cette course à l’extraction des diverses ressources ont entraîné le déclin de notre environnement naturel, et c’est réellement aujourd’hui que l’on en mesure les conséquences. La nature montre des signes de faiblesse à mesure que l’homme progresse. De nouveaux enjeux dans la perception et la représentation de notre espace de vie se dessinent.

L’optique de ma peinture de paysage est, dans ce sens, un plaidoyer à la sauvegarde de l’environnement dont le paysage n’est qu’un instant, une perception de cette nature, régis par les conditions de la lumière pour l’observer et la subjectivité…

2004 – « Langoisse de l’après », 33×22

Le premier tableau, « l’angoisse de l’après », réalisé en février 2004 a été le point de départ de cette réflexion pour ma peinture de paysage. Au départ je voulais m’inspirer de « Maison isolée dans une forêt de pins » (1825) de Caspar David Friedrich mais en cours de réalisation il me fallait l’arrêter, je tenais un concept au-delà de ce paysage inachevé…le « paysage néoromantique », moins « figuratif » celui-ci.(voir paysages d' »état d’âme ») William Turner aurait peut-être apprécié ; lui qui peignait dans son oeuvre de maturité une lumière qui irradiait littéralement le paysage.

1825 – Caspar David Friedrich, « Maison isolée dans une forêt de pins »

Cette propension à figer une sensation comme la peur est l’apanage de cet « outil » qu’est l’art : Ici, la maison, qui représente le foyer, la chaleur, ce qui rassure, est pratiquement emmitouflée dans un petit bois…
Cependant, en face d’elle, il y a un vide, il n’y a plus âme qui vive, l’oeil progresse vers le néant. Celui-ci est représenté teinté d’un violet profond et froid. Les forêts de Friedrich n’étaient pas rassurantes (voir « chasseur dans la forêt » 1813), ici son absence semble l’être davantage.

Caspar David Friedrich, « Chasseur dans la forêt », 1813
2014 – Nouvelle planète II

L’homme a modifié son environnement et perd ses repères avec. C’est le manifeste que je tenais à revendiquer dans cette tranche réflexive du néoromantisme. Après ce tableau j’ai travaillé sur des paysages plus « sages » en parallèle d’autres peintures plus tourmentées, car cette revendication n’est pas un pleur de désespoir mais plutôt la mis e en relief du combat qu’il va falloir mener pour garder les trésors de la nature, à moins que nous nourrissions secrètement le désir de vivre un jour dans des villes sous des bulles oxygénées artificiellement…

 

L’année 2017 constitue un autre tournant majeur dans ma sensibilité artistique.

Des ennuis de santé ont précipité la mise en oeuvre d’un « travail cathartique » autour d’une oeuvre « dure » en forme de point final… Le tableau « Octobre 2017 » (ici en pleine page) se veut la première peinture qui marque la nouvelle étape vers des formes moins tourmentées, en utilisant toujours plus les jeux de couleurs pour faire vibrer la toile, et bien-sûr s’appuyant toujours sur cette réflexion mêlant la nostalgie et une forme « positivée » de certains paysages du futur ou sur d’autres planètes… Il suffit parfois d’une seule personne et un seul mot pour que l’on retrouve sa force, voire que l’on augmente son potentiel créatif. Le beau et la « positivation » de l’environnemennt de la vie humaine va s’inviter dans le jeu pictural mis dorénavant en oeuvre.

Je reste cependant persuadé d’une chose concenant l’être humain. Cette considération est importante car elle viendrait s’appuyer sur une hypothétique et pessimiste forme de conclusion à notre espèce. Ainsi, s’il ne devait rester qu’une seule personne au monde, un jour, pour quelque raison que ce soit – idéalement – le métier que devrait habilement exercer ce survivant serai celui de Poête.sse. En effet, la mission de cette personne serait alors de laisser une dernière trace : une conclusion écrite de ce que fut cette espèce douée de sensibilité, de créativité, d’empathie, différenciée parfois du monde animal pour sa capacité à avoir conscience de soi ET disposant de la capacité à intellectualiser le monde dans son ensemble – ou presque – puisque philosophiquement celui-ci s’arrête aux contours des différentes connaissances de chaque individu. Ainsi, le dernier réprésentant devrait être en mesure d’en synthétiser au mieux la substance par de bons mots, soigneusement choisis pour être concis, universels, sensibles, justes et distillant la notion du BEAU.

Ce qui fait l’unicité de notre race ne serait alors plus porté par un discours sur le progrès pour le progrès (?) de l’outil et de la technologie, mais tout simplement sur la capacité intellectuelle et émotionnelle à décrire ce que nous sommes et dont l’on vient. Cette dernière trace laissée ferait donc davantage sens sur ce qui aura fait la spécificité de notre civilisation toute culture confondue. Le reste apparaîtrait peut-être alors comme une explication possible de notre disparition… Cela mérite sans doute un débat passionnant !

 

2006 – « Vers un ailleurs… », 80×60

 Le paysage comme une « poésie de la nature »

Dans mes recherches picturales, mon interrogation porte essentiellement sur le paysage et sur ce que cet « objet sensible » dit de notre humanité. Je me sens particulèrement touché par tout ce qui effleure la dimension du poétique dans un vaste champ de mots, de sonorités et de couleurs. Ainsi ma palette de coloriste peut se teinter dans un habit sombre : de terreuse à totalement obscure.

Mes influences musicales prennent une orientation similaire : du brutal-death métal aux polyphonies de la Renaissance en passant par du punk-rock ou du jazz des années 30… La musique est parfois le point de départ d’une expérience esthétique. Lecteur des théories de Kandinsky sur la spiritualité de la musique et de la peinture et du lien mystérieux qui les unit, il m’est arrivé de conjuguer ces deux entités artistiques dans certains travaux.

Technique et sensibilité dans ma peinture.

Toujours dans un soucis d’évolution dans ma création, je travaille la peinture en m’inspirant de mon expérience quotidienne, de mon vécu bien-sûr, ainsi que des artistes de l’Histoire de l’art et de la musique. Les techniques utilisées dans les oeuvres présentées ici sont l’acrylique et l’huile. Il m’arrive cependant parfois de laisser mes pinceaux et de m’adonner au dessin, notamment en utilisant la mine de plomb ou des fusains. Je ne présenterai cependant pas de réalisations dessinées dans cet espace.

2004 – Détail de « Refuge avant la tempète » en cours de réalisation

Mes influences en art pictural sont assez diverses :

– pour le XXème siècle, Alfred Manessier, Vassili Kandinsky, Georges Braque, Emil Nolde, André Derain André Brasiliers et Charles Lapicque

– pour le XIXème siècle, Paul Cézanne, Gustave Courbet, Théodore Rousseau et surtout les écoles romantiques allemande, anglaise et américaine.


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